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Climat-Écologie

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COP21

Le cycle de la vie !

COP-21-OUTLa réunion de la COP21 (conférence of the Parties) s’est terminée il y a peu. L’accord signé parle de limiter l’augmentation de la température à 2°C, si possible 1,5°C.

Pour le quidam vivant sous nos latitudes où les variations quotidiennes peuvent dépasser les 10°, cela peut paraître anodin. Il parait donc important de situer le problème. Il est question ici de la température moyenne à la surface de la terre, tous hémisphères confondus. Actuellement, elle est approximativement de 15°C. A titre de comparaison, la différence de cette températureentre la dernière ère glaciaireet l’ère tempérée actuelleest de de 5°C et la transition s’est déroulée alors sur une période d’environ 10000 ans.

L’augmentation de 2°C proposée entre 1880 et 2100 représente un réchauffement équivalent à la moitié du passage d’une ère glaciaire à une ère tempérée, mais réalisé 20 fois plus vite!

Durant cette ère glaciaire (de -110 000 ans et -20 000 ans avant notre ère), le niveau de la mer était 120m plus bas, le gel était fréquent jusqu’au sud de l’Europe, le Nord de la Belgique, la Hollande, une partie de l’Allemagne et la Pologne subissaient un gel permanent. Si les accords de Paris n’étaient pas suivis de mesures concrètes, l’augmentation sera d’environ 5°C en 2100, soit l’équivalent du changement d’une ère glaciaire à tempérée, mais 50 fois plus rapidement. L’enjeu est donc un changement violent des conditions de vie sur terre.

Pour être tout à fait clair, la planète n’est pas en danger.Elle s’en remettra d’ici quelques dizaines de milliers d’années comme elle l’a déjà fait à plusieurs reprises. C’est la forme de vie actuelle, et donc l’humanité, qui est en danger.

En plus des désastres sur le cycle de la vie, le réchauffement aura malheureusement aussi des conséquences sur la paix et risque de générer des conflits importants. Nous savions déjà que les guerres, mêmes froides, contribuent au réchauffement climatique. La situation pourrait bien empirer.

Voici quelques exemples.

Les conflits pour l’eau

L’eau potable va manquer. Le contrôle des sources de l’or bleu, indispensable à la survie à court terme, pourra générer de nombreux conflits locaux et internationaux.

Les conflits pour l’alimentation

Des zones agricoles asséchées et d’autres inondées vontdevenir incultivables. On estimeà 200 millions le nombre d’agriculteurs bangladeshisqui quitteront leurs terres inondées.Déjà aujourd’hui, environ un milliard d’êtreshumains souffrent de la faim ou de lamalnutrition.

Les conflits liés à l’’immigration

Les gens privés d’alimentation, d’eau, vont fuir leurs terres brûlées ou inondées. Deshonteux rideaux de fer se construisentdéjà pour endiguer des immigrations dues à des conflits «nationaux ».Imaginer des centaines de millions de personnes n’ayant plus rien à perdre pour survivre.

Les conflits pour le contrôle de l’Arctique et de l’Antarctique.

La fonte des glaces des deux pôles rendra possibleet rentable l’exploitation des minerais

et hydrocarbures de ces régions. Les grandes puissances (USA, Russie, Chine, etc) et pays voisins

(Canada, Norvège, Islande,…) vont s’en disputer la propriété. La Russie a revendiqué le 04 août 2015 auprès de l’ONU la propriétésur 1.200.000 km² de l’Arctique. Le Président Obama a autorisé Shell à réaliser des foragesen zone Arctique le 18 août 2015. La bagarre a déjà commencé !

Et les accords de Paris dans tout cela ? Une réussite ou un échec ?

C’est clairement un échec.

Il s’agit de quelques lignes directrices mises souvent au conditionnel, laissant la porte ouverte à beaucoup d’interprétations et de désistements.

Aucune décision concrète, tout est superficiel, tout doit encore être avalisé (ou non) par les parlements nationaux, et la signature de l’accord ne se fera qu’en avril 2016.

Aucun mécanisme de contrôle, aucune sanction, aucune d’indemnisation des populations et territoires victimes du réchauffement ne sont prévus dans le texte.

L’accord ne parle pas non plus de l’urgence de sortir de l’utilisation des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole). Il parle de réduction des émissions de CO2, ce qui peut être réalisé, non pas en produisant moins de CO2, mais par tout moyen possible et imaginable pour l’extraire (y compris captage et stockage sous terre, les moyens polluants, toxiques et dangereux, puisque seul compte cette nouvelle monnaie : le CO2) et avec le TTIP qui arrive, on connait l’artillerie industrielle qui se profile sans barrière ni moralité.

 

Laissez-vous aller à imaginer ce que serait le monde sans les énergies fossiles :

-          le réchauffement climatique endigué rapidement ;

-          la santé et la qualité de vie bien meilleure pour tous ;

-          les conflits dans le monde liés au contrôle de ces énergies fossiles n’auraient plus de raison d’être ;

-          finis les conflits au moyen orient ; plus aucune raison de soutenir des gouvernements corrompus et dictatoriaux;

-          Le terrorisme international serait privé de sa source principale de financement

… le pied !

Mais revenons les pieds sur « terre ». Les mots « énergies fossiles » ont soigneusement été évités dans le texte de l’accord.

Le choix est manifeste de préserver les dividendes de ce huileux commerce, et en plus, cela crée des opportunités de business avec les technologies de puits de carbone et des quotas de droits de polluer.

Cerise sur le gâteau, si cela génère des conflits, le commerce des armes s’en trouvera très florissant.

Il y avait le choix entre soit le courage de sortir d’un système économique conduisant droit dans le mur par les conflits et la dégradation de la planète, soit de s’enfoncer dans la logique du profit et de la gestion des déchets.

Paris a manifestement choisi la deuxième option.

Mais pouvait-il en être autrement dans un contextede concurrence, de méfiance, de conflits d’intérêts et de guerres?

Pouvait-il en être autrement avec des dirigeants qui ont créé le problème?

La COP de Paris ne pouvait être un succès sans une démarche profonde et sincère de réconciliation.

Une lueur d’espoir...

Il y a cependant des avancées intéressantes.

  • Pour la première fois, l’ensemble des nations ont reconnu un danger qui les concerne toutes. Il y a quelques années, les COP se déroulaient presque dans l’anonymat.
  • Aujourd’hui plus personne n’ignore le problème.Toute l’humanité reconnait se trouver face à un défi commun et décide de l’aborder ensemble.
  • C’est une grande première, même si la solution retenue est mauvaise. Les accords de Paris sont un tout premier petit pas dans la construction d’une conscience planétaire.
  • En périphérie des conférences de la COP21, un autre point très positif est la mobilisation citoyenne et en particulier de la jeunesse, dans la joie, l’optimisme et la non-violence. Ces jeunes générations seront au pouvoir dans quelques années, tandis que les dirigeants actuels seront bientôt séniles ou morts, même si certains ont l’air de nier cette réalité du cycle de la vie. Pour ces jeunes, la conscience planétaire et la nation humaine universelle sont déjà une réalité. Ils ne veulent plus vivre dans une économie, ils veulent vivre dans une communauté humaine. Les idées nouvelles de partage, de respect, d’économie associative, de revenu de base, de gratuité, de démocratie liquide (adaptable à toutes les formes mais toujours horizontale) pointent à l’horizon.

L’intention humaine peut décidément transformer le cycle de la vie en spirale ascendante.

La COP21 est un échec, mais sera probablement bientôt une anecdote de l’histoire.

Les tentatives continuent et le futur est plus que jamais ouvert. Cela nécessitera un travail de réconciliation profonde de chacun et un changement de comportement de tous. Il y a des tas de choses nouvelles à apprendre et à entreprendre, un nouveau modèle à rêver, à imaginer, à inventer.

 

 

 

Gilles