R. D. Congo : APPEL pour la PAIX Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Bruxelles, le 15 novembre 2008



REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
APPEL pour la PAIX


Les conditions de vie de la population du Congo et de la région des grands lacs sont inhumaines et intolérables. Depuis le génocide au Rwanda en 1994 (un million de morts), la région est mise régulièrement à feu et à sang, provoquant plus de cinq millions de victimes supplémentaires. Sous divers prétextes, le Congo, et l’est du pays en particulier, n’a connu depuis 14 ans qu’instabilité, guerres, viols, massacres, pillages et injustices.

Le véritable enjeu de ces luttes est la richesse géologique de la zone que les puissances occidentales se disputent à travers des gouvernements et milices corrompus. Cette région regorge notamment d’or, de diamant, de coltan et de cassitérite (étain). Des sociétés américaines ont commencé l’exploitation du gaz naturel sur la côte rwandaise du lac Kivu, ainsi que celle du pétrole sur les rives du lac Albert en Ouganda et bientôt également sur ses rives congolaises.

Cette nouvelle fièvre de violence n’a pour objectif une fois de plus, que de garantir la contrebande des ressources de la région. Le kilo d’or est acheté à la population locale à environ 10.000 $ alors qu’il vaut environ 30.000 $ sur le marché. Des hommes, mais aussi des enfants sont enrôlés de force dans des milices, sous peine d’exécution.

Laurent Nkunda, membre du RCD-Goma, général déchu de l’armée congolaise depuis 2003 pour avoir refusé sa mutation lors de la réorganisation de l’armée nationale, joue le jeu imaginé par des intérêts bien plus importants. Il est ainsi étonnant dans ce contexte de guerre civile, de rencontrer de nombreux hommes d’affaires canadiens, belges, britanniques et américains à Goma et ses environs Que font-ils là-bas ? Sont-ils en vacances ? Il est clair que l’effort de guerre de Laurent Nkunda ne peut être réalisé qu’avec des appuis et complicités extérieurs.

La MONUC, contingent de casques bleus de l’ONU avec mandat d’intervenir par la force si nécessaire pour protéger la population, est particulièrement passive. Cela interpelle sur la sincérité de la mission qui lui a été confiée.

Au vu de cette situation, il est légitime de se poser certaines questions :
  • Qui finance les différentes forces en présence ?
  • Qui fournit les armes et les munitions ?
  • Que font des hommes d’affaires occidentaux dans la région ?
  • Pourquoi les forces de l’ONU n’interviennent-elles pas pour protéger la population ?


Le bien-être et la sécurité des populations locales restant notre préoccupation principale, il nous paraît impératif de commencer par :
  • L’arrêt immédiat des hostilités ;
  • La mise en place d’urgence d’une assistance alimentaire, médicale et psychologique pour la population de la région ;
  • L’arrêt immédiat de l’ingérence des pays occidentaux en Afrique ;
  • L’embargo sur les armes et les munitions à tous les pays impliqués dans le conflit ;
  • La mise en place d’une procédure pénale devant la CPI pour massacre et viols des populations et l’enrôlement d’enfants dans des groupes armés.


Nous invitons les populations de la région à ne pas céder à la violence et à la vengeance, mais au contraire, à se réconcilier et s’unir pour arrêter l’escalade. Nous les encourageons à ne pas perdre espoir car ils ont le pouvoir de décider et de faire comprendre à leurs gouvernements que c’en est fini de jouer avec leur vie et celle de leurs enfants.

Nous lançons un appel à tous et en particulier la communauté congolaise pour faire preuve de solidarité envers les populations qui vivent au Congo.

Pour le Parti Humaniste – Belgique
Gilles Smedts


Dernière mise à jour : ( 30-11-2009 )